Roses des Sables et Mille Perthuis
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Le Paris-Dakar du Pauvre
Ce feuilleton relate le tout premier voyage en Afrique de l'auteur. Il n'a jamais fait l'objet de publication mais illustre les paysages et certains lieux dont il est question dans ses livres.

R6 Le récit progresse au rythme des visites : Episode 29
 Entrée au Cameroun

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Bloqués à l'entrée du Cameroun pour absence d'un visa soudainement devenu nécessaire, nous ne pouvons rebrousser chemin. Déclarés et "tamponnés" sortants du Nigeria nous ne serons admis à y revenir que munis d'un nouveau visa délivré  1300 kilomètres plus au sud ; à Douala.
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Comment sortir alors de cette impasse juridique et géographique ? On est parqué dans le lit d'un cours d'eau, heureusement à sec, dans un no man's land entre les deux pays.
Par chance, les Suisses ont toujours eu besoin d’un visa pour entrer au Cameroun. Le couple en 2 chevaux dont l'homme a effectué une période de coopération à Maroua, connaît l'évêque du lieu : un Français. Il remet un message au voyageur helvète à destination de l'homme d'Eglise.  

La lettre parviendra-t-elle à la Mission ? Notre missi-dominici ne se rend pas directement à Maroua. Agrandir l'image

Alors que nous commençons à douter, la réponse se présente trois jours plus tard sous l’apparence du chauffeur de l'Evêque qui, par chance, a partagé les bancs de l'école avec le Chef de Poste de la frontière. Nous entrons dans le pays avec un simple coup de tampon : "Vu à l'entrée".
Ce timbre met fin à nos ennuis, mais nous en procurera d'autres, beaucoup, beaucoup plus loin. A moins de 100 kilomètres de Douala. Un policier qui s'impatientait dans l'attente illusoire d'un bakchich, me dit : Vous n'avez pas de visa, comment sait-on combien de temps vous allez rester ?
La tentation est trop grande de répondre, aussi sec :
- Tu vois, il est écrit "vu à l'entrée", tant qu'il n'est pas écrit "vu à la sortie" c'est que nous sommes dedans.
L'homme ne goûte que l'humour "arrosé".
- Je vous mets à la gare à vue. Tournez la voiture !
Six heures de palabre sur un banc devant l'abri de fortune des fonctionnaires et le chef rentre de la capitale. Perspicace, il constate de suite que nous ne sommes pas pressés et donc pas "payeurs". En revanche nous ne sommes pas opposés à partager une bière.
Notre progression pourra reprendre.

Mais n'anticipons pas. Nous sommes encore au Nord du pays et même

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maintenant dans l’extrême nord, sous le lac Tchad - ou du moins ce qu'il en reste - dans la région de Wasa.

Comme l'a fait le Suisse, avant nous, nous effectuons un crochet dans l’espoir de rencontrer quelques animaux sauvages dans leur milieu naturel.

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Le Parc national de Waza fut crée par l’Administration Coloniale en 1934, sous le nom de réserve de faune et de chasse de "Zina-Waza". En 1938 il fut érigé en réserve forestière et de chasse.
En 1981, la zone reste préservée, même des hordes de touristes.
C'est avec grande difficulté que nous cherchons des animaux dans cette immensité. Nous nous contentons d'abord de quelques oiseaux, d'une autruche jusqu'à, enfin,
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dénicher l'objet de notre curiosité
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le lion. Lions amorphes cet après-midi, tant
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que nous ne tentons pas de sortir de voiture.

Nous restons à distance des éléphants trop imposants par rapport à notre Renault 6.

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Lorsque le soir tombe, fauves ou pas fauves, il faut bien dresser la tente
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malgré les bruits ambiants

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et la curiosité d'un singe.
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Faire un feu, pour le moins, rassure.
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Un petit passage par les Monts Kapsiki Rhumsiki
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voir quelques farouches girafes, et nous faisons halte à Maroua, remercier l'évêque, son chauffeur et revoir nos compagnons de traversée du Nigéria.
Nous reposer aussi. 48 heures.

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Maroua, Garoua, Ngaoundéré
... Les aventures ne manquent pas. En terres inconnus tout est surprenant, la première fois.

En brousse, désormais le bivouac devient risqué., du moins le jugeons-nous. La nuit, population met le feu pour chasser, nous dit-on, hérissons, rats musqués...

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Nous nous rabattons alors sur les villages où il faut naturellement demander au chef, la permission de pénétrer. Le chef fait un discours... je réponds au discours... il répond à ma réponse... Lorsqu'il parle français, nous gagnons du temps. Il faut enfin satisfaire, là comme ailleurs, à la curiosité de la population à l'encontre de notre tente de toit. Lorsque le dernier villageois en a fini de la visite, nous sommes en mesure de nous installer. Agrandir l'image




Quand le bâtiment va, tout va.
Est-ce toujours le cas ?
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On peut en disserter - palabrer - sous l'arbre du même nom, quelque fois revêtu d'une protection solaire.
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Reconnaissables à leur (sceau) seau ? ces gens nous affirment être des princes et qu'en présence de princes le blanc doit faire la photo et la leur envoyer !

La calebasse portée par les deux jeunes hommes, sert à entreposer l'eau. Coupée à la base on l'utilise comme récipient pour manger, et dans certaines contrées où le casque est exigée pour rouler à mobylette, on se la met volontiers sur la tête.

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Notre carte au 1 400 000ème, édition non datée, cultive l’imprécision que la piste exploite pour jouer des tours. La chaussée plonge soudain sur un cours d'eau à sec pour remonter aussitôt. Un franchissement en ligne droite mettrait la voiture sur cales et reculerait le moteur vers la boîte à gants. Donc, après l'épreuve des zigzags et autres ingéniosités, l’élan vient à manquer pour aborder la phase ascendante du problème.

La R6 allégée d’une grande partie des bagages, une corde attachée à l'arbre disponible le plus proche, le tire-fort reprend du service. Moteur en sur-régime par sauts de puce de 50 centimètres, parviendrons-nous à grimper la côte avant le coucher du soleil ? La mécanique résistera-t-elle à ce surcroît d'épreuve ? Moral et physique accepteront-ils l’effort ?

A ces questions, peut-être, et à bien d'autres, sans doute, vous trouverez réponse en suivant le trentième épisode : Vers Douala.


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