Roses des Sables et Mille Perthuis
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Le Pont des Soupirs


Le Pont des Soupirs Photo

Après "La Piste Trafricaine" où Jacques Mancip expliquait, avec bonheur et humour, comment en parvenant à vendre, en toute légalité, son véhicule à l'issue du voyage, l'on pouvait parvenir à financer un trajet Paris-Lomé, l'auteur nous fait parcourir, cette fois, la première partie de son retour vers la France.
 Dans "Le Pont des Soupirs", le lecteur retrouvera ce goût de l'humour et de la raillerie qui est si cher à Jacques Mancip. Le titre lui-même en témoigne puisqu'il s'agit, en fait, du pont de la 504 Peugeot qui rend subitement l'âme en plein désert, dans le grand sud du Sahara, à quelque trois mille cinq cents kilomètres d'Alger.

Etaient-ils encore au Niger ou déjà sur le territoire Algérien, ces deux hommes qui, vivant cette aventure, attendaient le miracle qui pourrait les 504 dessinsauver ? Par quelles circonstances ou folle pitié, l'auteur en est-il venu à prendre à son bord "Modeste", personnage qui, bien qu'attachant, n'en est pas moins le plus sublime porte-poisse que la terre ait jamais connu.

En attendant d'hypothétiques secours, Jacques Mancip se demande, l'espace d'un rêve, ce qu'il est venu faire dans ce "trou perdu", qui masquait le trou imprévisible dissimulé dans les sables, cause de tous ses maux.

Jacques Mancip nous présente ici un ouvrage remarquable, d'autant plus qu'il travaille, comme à son habitude, sans note, sans photographie, qu'il restitue et nous fait découvrir, pour notre plus grand bonheur, les pages du grand livre de souvenirs inscrits dans sa mémoire, avec une fidélité qui lui est toute particulière.Plage Nerja

"Le Pont des Soupirs" n'est pas un roman, c'est un ouvrage qui, pour celui qui sait apprécier l'humour, est empreint d'un charme et d'un pittoresque qui sont à toutes épreuves, tout autant que devait l'être la volonté de Jacques Mancip qui, non seulement se trouvait dans l'obligation de sauver sa vie, mais aussi cette voiture à l'âme brisée qui représentait tous les avoirs de son propriétaire.

Or, le sort malicieux, pouvait-il connaître la détermination impression­nante de Jacques Mancip et de son équipier ? Lequel des deux emporterait la décision finale, le porte-poisse ou le chanceux ? C'est ce que le lecteur pourra découvrir dans "Le Pont des Soupirs".

                                                                 Jack Harris


Table des chapitres

1 - Ventre à terre
2 - Terre minée ?
3 - Minet râle
4 - Ras le bol
5 - Beau l'Heraut
6 - L'Héros tique ?
7 - Tic-tac
8 - Tactique
9 - Hic et nunc

Extraits
Depuis maintenant dix-huit mois, je donne à l'Afrique l'occasion de me découvrir.
Et réciproquement !
En effet, c'est en janvier de l'an passé que, ne pouvant plus contenir ma curiosité dans des limites hexagonales, je franchissais pour la toute première fois la Méditerranée et posais le pied en terre africaine.
Aujourd'hui, vingt-cinq juin, cinq cents jours plus tard, ce n'est plus à ma curiosité mais à un excès de confiance en ma connaissance des lieux que je dois d'y poser le ventre, par plancher de voiture interposé, et cette fois plus seulement sur ses côtes, mais carrément en son sein, au coeur du Sahara, sur son sable, dans un profond trou.
Comment en si peu de temps l'Afrique et moi en sommes-nous venus à autant de familiarité ?
Voilà bien une bonne et intéressante question, à laquelle le temps semble disposé à me donner beaucoup de lui-même pour y chercher réponse.
Réponses qui introduiront fatalement d'autres questions et tout aussi fatalement ramèneront à la plus spontanée :
Qu'est-ce que je peux bien "foutre" dans ce trou perdu ?

Terre minée...

Je n'ai pas bu, sinon beaucoup d'eau, et pourtant je dois convenir que ce simple et unique trou dans lequel repose maintenant mon auto immobile, m'apparaît de plus en plus comme doublement perdu.
Perdu ! certes il l'était... jusqu'à ce que le train avant et le pont arrière de ma 504 n'en viennent malencontreusement à le retrouver.
Perdu ! il le demeure. Ma seule présence ne suffit pas à en changer le caractère ni la situation.
Perdu ! encore et bien, il le demeurera. Je n'ai hâte et projet qu'à m'en éloigner.
Aussi loin que porte mon regard, il constate que le Sahara couche avec l'horizon...

...Mais au fait ! où suis-je donc ?
Je peux répondre avec certitude, mais sans précision, à cette grave interrogation : aux alentours d'Assamaka ou d'In Guezzam !
L'incapacité à situer dans l'espace l'un quelconque de ces deux postes frontières, n'a de quoi inquiéter personne, pas même le plus érudit des géographes, à moins que... comme moi, il se trouve ensablé, en panne, en été, dans un "trou" perdu entre les deux.
In Guezzam est un petit village touareg, isolé quatre cent cinquante kilomètres au sud de Tamanrasset, en Algérie. Il n'est relié à cette préfecture par aucune route ni piste réellement balisée, sinon par des épaves. Vingt-trois kilomètres difficiles - la preuve - le séparent encore d'Assamaka, fort militaire faisant office de contrôle d'entrée au Niger.
Entre ces deux "trous perdus" s'en trouve depuis peu un troisième, creusé au sens propre.
Il faut croire que je roulais dans ce sens-là puisque je l'ai comblé.

Comment en suis-je arrivé là ? C'est le sujet du "Pont des Soupirs".

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